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La philosophie de l’absurde chez Heidegger
Avertissement : toute ressemblance avec de vrais articles de Wikipédia ou de vrais philosophes n’aurait rien d’accidentel.
Ceux qui me connaissent bien auront remarqué que je vis actuellement sur un fuseau horaire qui correspond sans doute à l’emplacement présumé de l’Atlantide. Ces horaires plutôt libéraux m’ont laissé le loisir de me documenter amplement sur des sujets aussi variés que les problèmes budgétaires des derniers épisodes d’Evangelion, le pluriel de l’expression « numerus clausus » ou les diverses hypothèses cherchant à expliquer la disparition des Néandertaliens de notre continent. Ajoutez à cela divers synonymes de « lesbianisme » et des gifs animés de petits Hitler pédophiles, et on comprendra que l’Atlantide est de toute évidence coincée quelque part entre 4chan et Wikipédia.
C’est donc avec beaucoup de soulagement que me vint, par une nuit profonde, un rêve étrange et pénétrant où un Inca, descendant des Atlantes, vint à moi et me dit « prends ce livre et lis-le. » A vrai dire, je crois que j’ai inventé ça aussi, mais toujours est-il que j’ai pioché un livre au hasard dans ma bibliothèque pour me sortir de ce traquenard.
Ce furent les Essais et Conférences de Martin Heidegger, que je n’avais jamais lus, bien heureusement pour mon équilibre personnel. Je gardais en effet de mes cours sur Heidegger un souvenir confus de mots traduits du grec en passant par l’allemand, avec beaucoup de néologismes et surtout des citations d’Hölderlin. Je n’étais pas loin de la vérité.
Au terme de 42 pages de lecture, qui m’auront plongée dans un étonnement mystique proche de ma découverte de l’origine du bukkake, je peux affirmer avec certitude qu’Heidegger est un grand philosophe de l’absurde, et que cette volonté d’absence de sens s’exprime avec force dans ses textes, tant sur le fond que sur la forme.
L’essentiel de la philosophie d’Heidegger repose sur l’ « étantité de l’être en tant qu’être », bien distincts de « l’être des étants », qui n’a bien sûr rien à voir. Nous entrevoyons déjà le sens de l’absurde heideggerien avec cet hêtre des étangs. Chacun sait que les arbres ne poussent pas dans un étang : il y a des poissons qui feraient mieux de ne pas se passer de bicyclette. Les arbres ne poussent également que rarement dans les temps : ils se traînent, prétendant qu’ils ont du bouleau. Mais visiblement cette obsession de l’arbre et de l’étang n’est pas nouvelle chez les philosophes, puisque déjà en 1714, Leibniz affirmait que « chaque portion de matière peut être conçue comme un jardin plein de plante et un un étang plein de poissons. »
Nous concluons dès à présent que les philosophes n’ont pas vraiment le sens des métaphores.
Fort heureusement, Heidegger prend le soin d’illustrer son propos avec un exemple : ainsi, « l’étantité de l’être en tant qu’être » est nettement mieux intelligible lorsqu’on parle d’arboréité de l’être en tant qu’arbre. Ou de l’arboréité de l’arbre en tant qu’hêtre. A vrai dire je ne sais plus très bien. Mais l’essentiel c’est que ce soit clair, aussi ne nous attardons pas aux détails.
Sur la forme, l’absurde philosophique d’Heidegger s’exprime par un sens très fort du néologisme et de la transformation des mots : ainsi, dans ses textes, le mot « Gestell », qui veut dire « étagère » en allemand, devient un concept imbitable que le traducteur traduit péniblement par « Arraisonnement », sans qu’on soit à vrai dire plus avancé, car Heidegger digresse sur l’étrangeté du langage courant, et fait un petit détour par Platon avant d’énumérer un certain nombre de mots qui commencent aussi par « Ge- » en disant qu’ils veulent dire la même chose, enfin, sur le fond.
Heidegger aime également di-viser les mots avec des tirets sans vraiment donner d’expli-cation à ça. Lorsqu’il est à court d’idée, il case une citation d’Hölderlin. Pour ceux qui ne connaissent pas Hölderlin, c’est un poète métaphysique allemand, ce à quoi il ne faut rien remarquer de redondant. Les citations d’Hölderlin sont très commodes car elles laissent une large part à l’interprétation. Par exemple, une phrase comme
« Mais il est mal avisé que l’aube, ici et demain,
Fleurisse dans la mesure divine de l’Homme. »
pourrait très bien être une citation d’Hölderlin si je ne venais pas de l’inventer.
Toujours est-il que rien ne relance une argumentation comme une citation d’Hölderlin.
Je ne suis pas étonnée qu’Heidegger ait fait le choix des citations d’Hölderlin, car je leur trouve une certaine ressemblance. Heidegger a en effet l’art de pouvoir écrire, sans s’échauffer ni même prendre son élan, une phrase comme « La liberté régit ce qui est libre au sens de ce qui est éclairé, c’est-à-dire dévoilé. » Si l’on remplace quelques mots au hasard, nous avons une belle matrice de phrases à la profondeur insondable comme par exemple « La roulotte régit ce qui est patate au sens de ce qui est trublion, c’est-à-dire onomatopée. »
Je me sens soudainement éclairée, c’est-à-dire dévoilée.
Il faut dire que le traducteur est de mêche : lorsqu’Heidegger se planque dans une citation latine ou grecque, le traducteur fait le mort. Quoi, on ne l’a payé que pour traduire les mots allemands, alors il ne traduit que les mots allemands. Je le soup-çonne d’avoir rajouté quelques tirets de son propre cru, frustré qu’il était de se restreindre, dans ses notes de bas de pages, à mentionner des termes allemands au cas où ce serait plus clair, et à renvoyer à d’autres notes de bas de pages. Il y aurait un jeu de piste là-dedans que ça ne m’étonnerait pas, mais on lui pardonnera car il faut bien s’amuser quand on patauge avec l’hêtre des étangs.
Toujours est-il que je commence à me demander si je ferais pas mieux de retourner me documenter sur les membres de la confédération des syndicats suédois et les origines présumées du Bloody Mary. En espérant être dans les temps.
L’empire des geeks
Je me demande encore pourquoi je n’ai pas pensé plutôt à vous faire partager ce texte, que j’ai composé dans le cadre d’un exercice imposé par mes études : l’objectif était de prendre nettement position sur un thème à choisir parmi plusieurs grandes catégories, dont les nouvelles technologies. Après diverses errances sur des thèmes bateaux, j’ai finalement pris le parti de dire, joliment et en enrobant, ce que je pensais vraiment. Et ce que je pense vraiment a plutôt bien sa place ici.
De nos jours, la technologie est omniprésente dans notre quotidien, qu’il s’agisse de l’activité professionnelle ou scolaire, ou de la vie privée. Où que nous nous trouvions, des objets sont là pour nous rappeler l’étroite dépendance que nous entretenons avec les fruits de l’innovation humaine. Dans les dernières décennies, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont envahi le paysage de notre quotidien, et il devient de plus en plus rare que la circulation de données quelles qu’elles soient, se fassent sans elles. Aussi la façon dont nous vivons, dont nous travaillons, dont nous agissons, est déterminée en partie par notre rapport à la technologie.
Or, il existe dans nos société une catégorie de la population qui a fait de cette relation à la technologie une fin en soi, une occupation permanente et une priorité absolue. Désignés sous le terme souvent péjoratif de geeks ou nerds, ces individus se caractérisent par leur passion pour tout ce qui a trait à la science et aux nouvelles technologies. En effet le terme, qui désignait d’abord un passionné au sens large (et généralement quelqu’un qui néglige ses relations sociales au profit de sa passion), s’applique désormais essentiellement aux utilisateurs assidus de l’informatique et de ses réseaux. Connectés en permanence ou presque, les geeks passent l’essentiel de leurs temps sur leur (ou leurs) ordinateur(s) où ils reçoivent, via leur connexion Internet, un flux permanent et volumineux d’information. Dès qu’une nouvelle information, quelle qu’elle soit, se met à circuler sur Internet, ils sont parmi les premiers à la recevoir, et, immédiatement, à la commenter, la véhiculer, la parodier, etc. Ainsi, dans la classification de la participation des internautes établie par l’étude « Social Technographics » du cabinet Forrester, les geeks sont presque toujours dans les derniers niveaux, parmi les critiques et les créateurs de contenus : ils ont donc une utilisation active et productive d’Internet et de ses contenus.
Ce sont donc les utilisateurs par excellence d’Internet, qu’ils consultent chez eux, mais aussi sur leur ordinateur portable, leur téléphone mobile… Leur activité scolaire ou professionnelle est généralement directement liée à cette passion. Le lien avec les réseaux est donc quasi-permanent. De ce fait, ce sont eux qui modèlent le visage d’Internet, grâce à la conjugaison d’un fort attrait, d’une compétence élevée et d’une présence forte. Il est à noter que le sens du mot « geek » ne doit pas se limiter à la caricature de l’étudiant en informatique passant ses journées seul sur son ordinateur sans aucune relation sociale (on parle alors de nolife, « qui n’a pas de vie ») : le geek se caractérise de fait par l’intensité et la qualité de son rapport aux nouvelles technologies. Ainsi, les grands bloggeurs par exemple – par « grands » j’entends « connus et ayant une forte audience » – entrent parfaitement dans ma définition du geek.
Peu visibles dans la vie « réelle », il forment sur Internet une communauté qui s’identifie par un ensemble de références communes, de pratiques et d’habitudes. Cette communauté n’est pas seulement utilisatrice d’Internet mais la reflète, en parle, et questionne la virtualité de cette « vie parallèle » où l’activité, le temps passé, sont pour elle bien réels. Car ce qui se passe sur Internet devient une vie en soi : on y échange, on y apprend, on y partage, et y agir devient une finalité. Ainsi les flux d’information qui circulent au sein de cette communauté n’ont plus pour objet l’actualité, la « réalité », mais Internet lui-même et ses mécanismes. Les échanges entre geeks sont centrés sur une forme de « méta-information », un ensemble de données et de références qui constituent un « méta-Internet. » Par exemple, le webcomic xkcd.com illustre bien cette capacité de la communauté geek à utiliser les références Internet communes et à leur donner un nouveau sens, un nouveau contexte. On observe ainsi plusieurs tendances majeures : celle qui vise à associer plusieurs références, celle qui parodie une référence, et celle qui imagine cette référence dans la vie réelle.
Ainsi, dans l’image ci-dessus, on voit une référence au fonctionnement de Wikipédia, avec la mention « citation needed » (« référence nécessaire » en français) qui est utilisé lorsqu’une information présente sur une page Wikipédia est donnée sans source. Ici, le principe est tranposé dans la vie réelle : un orateur s’exprime lors d’un meeting et une personne dans l’audience brandit un panneau contenant la formule « référence nécessaire » − en bleu souligné, comme les liens hypertexte. L’image reprend ainsi un des thèmes majeurs de la culture geek : la comparaison entre Internet et la réalité, sous-tendue par la question « et si ça se passait comme sur Internet dans la vie réelle ? »
Pour un geek, Internet n’est pas un outil, une façon d’accéder à des contenus ; c’est une fin en soi, un « lieu » ; être sur Internet est une activité en soi, quoiqu’il y fasse. De même, par flux d’information, le geek ne veut pas dire : la même chose que dans la vie réelle (presse, radio, télévision), mais sur Internet. Les journaux en ligne, les sites de podcast, etc., sont pour lui secondaires par rapport aux applications Web natives d’Internet, qui n’aurait pas pu exister sans Internet et dont la structure est inhérente à la construction même d’Internet. Le geek se distingue ainsi par son usage d’Internet, même lorsqu’il fréquente les mêmes sites que les utilisateurs « normaux. » Reprenons par exemple le cas de Wikipédia. Une personne normale consultera le site comme elle consulterait une encyclopédie papier, en cherchant une entrée pour y recueillir des informations. Au contraire, le geek n’aura pas ce comportement utilitaire. D’abord, il est souvent contributeur et possède un compte : il s’y rendra en s’identifiant sur le site, comme on consulte sa boîte mail, puis consultera la liste des tâches qui lui sont imparties. Ensuite, il ne viendra pas pour une recherche précise mais par curiosité : il choisira un sujet au hasard (généralement lié à la culture geek), puis ira de lien en lien, et, quelques heures plus tard, aura totalement dérivé de son point de départ. Parallèlement, il peut utiliser Wikipédia comme correcteur orthographique (en recherchant un mot et en vérifiant s’il existe), comme traducteur (en basculant d’une langue à une autre sur la même page), ou encore comme alternative à la conversation (si quelqu’un lui parle de quelque chose qu’il ne connaît pas, il ira voir sur Wikipédia au lieu de demander une explication.) On voit ainsi que les usages sont infinis et sans rapport avec des comportements observables en dehors du virtuel. Les exemples de phénomènes Internet, de contenus typiques, de dérives linguistiques (plusieurs geeks dialogant entre eux sont généralement incompréhensibles à un « profane »), de comportements propres, sont innombrables, mais demeure toujours cette caractéristique : celle d’envisager les NTIC et Internet comme une fin en soi.
En conséquence, le geek se présente comme la catégorie d’individu qui a un usage idéal d’Internet, adapté à sa structure et son essence. Parallèlement, on note aujourd’hui que le virtuel a pris une place croissante au sein de la société, et que de plus en plus d’activité se font exclusivement ou presque sur Internet. Il devient possible de vivre, travailler, se nourrir, se loger, sans sortir de chez soi. L’informatisation des grands organismes, des administrations, des services, s’intègre dans une tendance globale où Internet est devenu vital (car les points d’accès non virtuels ont été supprimés) et où sa suppression signifierait une crise extrêmement brutale de l’activité sociale et économique mondiale. Dans ce contexte, ma thèse est que les geeks détiennent aujourd’hui les compétences qui seront indispensables demain : ils sont les hommes et les citoyens de l’avenir. De la même manière que les premiers hommes ont dû apprendre à survivre dans une nature hostile pour exister, les geeks ont conquis la « jungle » de l’Internet. Ils sont déjà entièrement convertis au virtuel là où même les digital natives font encore leur transition. Il ne s’agit pas seulement de compétence mais du rapport même à ce « monde parallèle », auquel les geeks confèrent une importance et un degré de réalité, d’authenticité, nettement supérieur aux non-geeks. Vivant sur Internet une partie considérable de leur temps, cette dimension n’est pas proprement virtuelle pour eux : leur évolution suit de près la dématérialisation de l’économie et de la société, et sont donc au coeur des enjeux pré-existants aujourd’hui et cruciaux demain.
[ici un paragraphe lèche-cul sur l'intérêt de mes études par rapport au point de vue traité]
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| « mai | ||||||
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Machin qui sert à rien.
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Truc qui sert à rien non plus (mais qui est marrant quand même.)
: Bonjour je suis le dépanateur, je viens pour te déboucher le tuyau et je suis nu sous mon bleu de travail
: Pangolin d'igloo! ♥
: ouais salut c'est pour déboucher le tuyau, parce que si tu tombes en rade de batterie, le blog est down. et nous on veut pas [...]
: Fake !
: Greatings, Thanks for article. Everytime like to read you. Have a nice day AlexAxe
: Je ne suis pas méchante, voyons, je suis lucide.
: Mais, mais... Pourquoi es-tu si méchante?
: Ah, c'est marrant ce machin.
: Hello, I have already seen it somethere... Thank you GlenStef
: Je viens de découvrir ce blog qui me semble fort sympathique, mon blog;
sebousk.over-blog.com
A bientôt ?








