pangolin
Parole de pangolin.

Ceci est un Desproges.
Le Desproges est un mammifère vivant, toujours vivant, qui a pour habitat mon petit coeur (puisque c’est mon père), des postes de radio, des livres à la couverture souple et brillante, des DVD plutôt ronds et le Limousin.
Ici, le Desproges fait une tête de Desproges mécontent.
Il y a quelques années, il houspillait un critique de cinéma qui avait écrit, à propos d’un film, qu’il n’avait “pas d’autre prétention que celle de nous faire rire” et poursuivait en s’exclamant “mais elle est énorme, la prétention de nous faire rire !”
Il va sans dire qu’en foutant sur la gueule de ce critique qui se croyait malin, le Desproges parlait en même temps de sa propre vie. Le Desproges n’a en somme pas d’autre prétention que celle de nous faire rire. Mais pour nous faire rire, il explore et déploie toute la richesse d’une langue à la fois hardie et désuète qu’il titille, essouffle, tord dans tous les sens, sans jamais se départir d’une rigueur stylistique irréprochable. On n’est pas chez Bigard.
Le Desproges est un éternel angoissé, affreusement torturé par l’effort même d’écrire ses textes, qui fait de l’humour l’expression de cette angoisse et le moyen même de la sublimer, comme d’autres combattent leurs névroses en les noyant dans l’encre et en les figeant sur le papier. Il y a dans l’humour progésien (oui, on dit progésien) quelque chose d’existentiel, d’absolument nécessaire, dont la disparition rendrait la vie insoutenable. Il faut rire parce qu’il n’y a rien de plus sérieux, il faut parodier l’existence pour pouvoir la vivre.
Aux sceptiques qui s’indigneront que je le qualifie d’écrivain, je conseille la lecture de son (unique) roman, Des femmes qui tombent, où le Desproges brosse un portrait follement maniaque et absurdement lyrique de la médiocrité de l’ennui provincial - un ennui de piètre qualité s’il en est. Dans cette mélasse de routine et de petites vies sans intérêt, le Desproges entame quelque chose de l’ordre du roman policier qui finit n’importe comment, avec des extra-terrestres, sans explications, et avec des moustiques si je me souviens bien. C’est incontestablement bien écrit et succulent tellement c’est drôle.
En guise de digestif, je vous livre un extrait de ses talents poétiques, avec cette petite pièce de poésie qu’il a humblement mise dans la bouche de sa fille pour en faire passer le goût :
“Je m’appelle Perrine
J’aime ma maman
Elle est pas dans la marine
Pour le moment.”
En conclusion, le seul défaut du Desproges est qu’il n’en existe qu’un. Et c’est foutrement emmerdant.
Le temps ne fait rien à l’affaire.
Je ne pouvais continuer à m’auto-élucubrer ici-même sans dire quelques mots du joyeux bordel volontairement organisé par moi samedi dernier. Je dois dire que, sans me vanter, c’est l’un des plus beaux bordels dont il m’ait été donné d’être témoin.
Le fil des lieux et des événements se perd ; avouons même franchement qu’il était perdu avant même d’avoir été, euh, tissé. Cet hommage cinglant au discordianisme avait en réalité commencé la veille, où j’ai pu observer le mystérieux développement d’un nid de post-it majoritairement d’un vert à faire pâlir un martien, qui avait déjà commencé à leur machiavélique étiquetage pièce après pièce dans l’inénarrable antre de Slipman. Le lendemain, je fis un trajet d’une honorable absurdité pour me procurer un nouveau disque dur, ceci dans le seule but d’y transférer mes mp3 afin de pouvoir les diffuser par mon ordinateur en espérant pouvoir relier celui-ci à la chaîne-hifi locale. Vous voyez, ce qui est bien avec les avancées technologiques, c’est que ça simplifie les choses.
Or donc, nous fêtames mes 20 ans, qui tombaient pile le jour de ma naissance, mais 20 ans plus tard. J’avais eu en tête pendant la journée une regrettable mélodie obsédante, qui me libéra cependant, et à jamais, d’une autre pas franchement plus fréquentable, quoiqu’esthétiquement plaisante. Bref.
Je passe volontairement sous silence les épisodes intermédiaires, comprenant des histoires de quille, la ligne 38, quelque chose avec une pute et un rabbin, du vol de luxe, de nouveaux post-its, des bières, pour tenter d’imaginer un vague rendu de ce joyeux paysage. Il y eut, je me le rappelle, des gens un peu partout, un peu dans tous les sens, un chef toqué se roulant par terre dans la moquette, un papillon de lumière, un ami surgissant dans la cuisine pour m’insulter haut et fort, puis s’interrompant en se demandait comment ça lui était venu, un autre ami gratifiant le premier d’un “je dois dire que tu es vraiment très beau” quelque peu imbibé, des bouteilles un peu partout, du guacamole, un combat de catch, des collants marrons ou violets, ça dépend, les mêmes collants sur des jambes, puis une tête, puis la même tête avec un bandeau, le même bandeau derrière une banane, la banane dans l’oreille, un Jedi à côté, une bure qui traîne par terre, un iPhone sabre-laser, tout ça en même temps et sur la même personne (votre servitrice), un adoubement à la brosse à chiottes, et surtout un pangolin.
Je profite de cette tribune pour m’interrompre grossièrement afin de rétablir la vérité sur les pangolins. C’est vrai, c’est pas très gentil ce qu’on dit d’eux. Loin d’être de petits singes avec de grands yeux mignons, le pangolin se compose de :
- 2 kg de viande
- 6 oeufs
- de la farine
- des oignons coupés très fins
- diverses épices
- des carottes en forme de lettres
- des feuilles d’artichaut, mais très jolies.
Modelés par deux Frankenstein de cuisine, il prit vit dans la chaleur infernale des fourneaux, et connut une mort héroïque avec l’aide d’une bande éthylisée de joyeux drilles. Et c’était bon.
Je disais donc, avant d’être grossièrement interrompue par moi-même et Ernestine la pangoline, que je suis toute à vous qui étiez là pour rajouter toutes ces choses que je n’ai pas dites, parce que j’ai oublié ou qu’ils sentaient pas bon, et suis à l’affût gargantuesque de preuves photographiques. J’ai dit.
Gloubiboulga.
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Machin qui sert à rien.
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Truc qui sert à rien non plus (mais qui est marrant quand même.)
: Bonjour je suis le dépanateur, je viens pour te déboucher le tuyau et je suis nu sous mon bleu de travail
: Pangolin d'igloo! ♥
: ouais salut c'est pour déboucher le tuyau, parce que si tu tombes en rade de batterie, le blog est down. et nous on veut pas [...]
: Fake !
: Greatings, Thanks for article. Everytime like to read you. Have a nice day AlexAxe
: Je ne suis pas méchante, voyons, je suis lucide.
: Mais, mais... Pourquoi es-tu si méchante?
: Ah, c'est marrant ce machin.
: Hello, I have already seen it somethere... Thank you GlenStef
: Je viens de découvrir ce blog qui me semble fort sympathique, mon blog;
sebousk.over-blog.com
A bientôt ?








