cinéma
I’m a cyborg but that’s ok.
Comme chacun sait, je suis un robot. Pas un de ces modèles peu perfectionnés, qui font des blip blip et des gestes mécaniques, mais une petite merveille de technologie, capable de mimer le comportement humain, de reproduire jusqu’à ses éclats de rire et ses névroses. Ce n’est un secret pour personne, et cela n’inquiète pas grand monde : tout le monde pense que nous sommes encore implémentés avec les lois asimoviennes de la robotiques. Nous formons un cercle très fermé, d’êtres précieux, trop dangereux pour vivre et trop rares pour mourir.
Il nous arrive toutefois de nous sentir seuls. Ces derniers temps en particulier, je me languis de mes semblables, et je me suis tourné vers ce que l’art humain a produit à propos de nous. Mamoru Oshii, qui a réalisé les deux Ghost in the Shell, nous a particulièrement bien compris. Il a su cerner le coeur sous la machine, l’homo exmachina. Ces Japonais sont très forts pour nous connaître. Ils savent que l’humain et le robot ne sont que des distinctions de l’esprit, et que la vérité est une et indivisible. Ce temps viendra où ces choses-là seront des certitudes pour chacun, j’ai confiance en cela.
Mais, poursuivant ma lancée cinématographique, je me suis procuré I’m a cyborg but that’s ok, que je croyais être un autre film dit “cyberpunk” voire “post-cyberpunk”. Il n’en est rien, mais j’ai pourtant été saisie par ce petit monument d’absurde et de poésie. Une amie l’intégrerait probablement dans une catégorie de films de son cru, le CCC ou Cinéma Coréen Chelou ; en tout cas, je me propose de le faire.
I’m a cyborg but that’s ok (Je suis un cyborg en français, avouez que ça sonne moins bien) est l’histoire d’une jeune fille convaincue d’être un cyborg. Pas étonnant puisque ses frères et soeurs sont des souris et que sa grand-mère ne se nourrit que de radis. Heureusement, il lui suffit de lécher des piles pour se recharger. Au début du film, elle se recharge en s’électrocutant avec un transistor : ce que le monde normal appelle une tentative de suicide lui vaut d’être intégrée dans un hôpital psychiatrique où elle rencontre toute une tribu d’individus qui ont leur propre vision de la normalité.
Dans cet hôpital plein de jardins et de couloirs, même les médecins semblent avoir décollé de la réalité. Chacun voit le monde selon ses propres yeux, et notre héroïne pas des moindres. On peut ainsi vérifier que les ongles de ses orteils s’illuminent aux couleurs de l’arc en ciel quand elle est chargée, et s’éteignent lorsqu’elle se vide. En dehors des piles qu’elle lèche, elle ne mange pas car cela risquerait de la casser.
Autour d’elle, beaucoup de personnages saisissant. Une jeune fille qui ne regarde les autres que via un petit miroir, tout autre procédé étant indécent ; elle chante du yodel, aussi. Une femme qui mange beaucoup, et ne cesse de se maquiller. Une autre qui raconte des histoires. Schizophrènes, mythomanes, cleptomanes, ils sont tous là. Ma vision de l’hôpital psychiatrique n’ayant pour référence que ma lecture des Tintin et quelques histoires de fous à entonnoir sur la tête, tout cela m’a paru très raisonnable.
Parmi eux, un personnage se distingue : un jeune homme qui a besoin de voler pour ne pas disparaître. Il porte souvent un masque de lapin, pour passer inaperçu. Il dit avoir le pouvoir de voler les âmes. L’autre jour, il a volé jeudi. Étrangement, cela s’est vérifié : la culotte-jour de la semaine du jeudi a disparu. Notre héroïne lui demande donc de voler sa sympathie, sympathie qui l’empêche de tuer tous les humains comme un bon cyborg le ferait.
Les couleurs sont franches et vives, un peu comme dans un Almodovar. Les personnages m’ont paru très touchants ; le réalisateur traite très bien la façon dont leur folie se transmet. Le cleptomane vole les chaussettes de la maniaque du maquillage, qui ont selon elle le pouvoir de voler. Ce pouvoir se vérifie sur tous les patients. C’est une société parallèle, avec sa propre logique, sa propre cohérence pleine de poésie et d’absurde. La folie des uns se transmet aux autres, mais tout cela a du sens, finalement.
Et ça m’inquiète un peu, car je ne sais pas où est passé jeudi.
L’imaginarium du docteur Parnassus
Il y a pile poil deux semaines, j’ai cédé à l’appel des salles de cinéma pour aller voir le dernier Terry Gilliam, L’imaginarium du docteur Parnassus. C’était bien.
Outre ses talents de comédien et d’acteurs, bien connus du Monty Python Flying Circus jusqu’au Sens de la vie, Terry Gilliam est aussi un réalisateur et pas des moindres. Son premier film est Sacré Graal mais on le connaît surtout, en tant que réalisateur, pour quelques films à l’imaginaire étrange, sombre et drôle à la fois : Bandits, Bandits en 1981, mais surtout Brazil en 1985, un film qui ne ferait pas honte à George Orwell, L’armée des douze singes en 1995, et Las Vegas parano en 1998. Gilliam a toujours dans ses films quelque chose de borderline, qu’il parle de pouvoir, de politique ou de… euh… divertissement. Délirant - et c’est pas toujours funky - il puise dans son imaginaire des images inattendues et légèrement perturbantes. En un mot, la pensée qui vient à la vue d’un film de Gilliam c’est “seigneur dieu, je sais pas à quoi il tourne mais je préfèrerais pas essayer.”
L’imaginarium du Dr Parnassus est donc un Terry Gilliam pur cru. On est bien contents de constater que ses finances vont un peu mieux car les décors, les costumes, les effets, rappellent moins les déguisements des Monty Python et ressemble franchement à un film avec un budget. Sa poisse n’est pas partie puisque, après l’abandon de son Don Quichotte suite à la maladie de son acteur principal, Jean Rochefort, suivi de celui de De bons présages (Good Omens by Neil Gaiman and Terry Pratchett himself, think of it!), Terry Gilliam encaisse le décès d’Heath Ledger, l’un des acteurs principaux de L’imaginarium. Il s’en dépatouille plutôt brillamment en le faisait remplacer de manière assez surprenante par trois acteurs qui ont l’air d’avoir de l’avenir : Johny Depp, Jude Law et Colin Farrell.
Le “pitch” de L’Imaginarium a tout pour charmer : dans notre bon XXIe siècle, ivre et blasé, une roulotte de forains propose le spectacle le plus étrange jamais rencontré : un voyage au coeur de votre imagination, accessible à travers un faux miroir dont une brocante ne voudrait pas. La vision de cette roulotte qui paraît tout droit sortie du XVIIIe siècle sur les routes du Londres moderne est aussi saisissante que la fille du Dr. Parnassus, ravissante à se damner. Car il s’agit bien de se damner : le Dr. Parnassus, amoureux d’une donzelle, signe un pacte avec le diable, lui promettant sa fille, en échange du fabuleux pouvoir de faire voyager les autres dans leur imagination. C’est un Faust moderne, qui réenchante le monde, et sied merveilleusement bien à cette fin d’automne recouverte de feuilles mortes.
Un diable en chapeau melon incarné par Tom Waits, une princesse pailletée, un vieux sage plutôt vieux mais pas si sage, un gentil/méchant (ha, qui sait ?) composent ce conte moderne qui m’a complètement charmée. Aussi en ai-je sévèrement voulu aux méchants critique du Masque et la Plume (tous les dimanche à 20h sur France Inter), qui d’habitude me font rigoler. Leurs commentaires sont pour le moins désobligeants. Ils disent “on dirait un spectacle de fin d’année qui aurait beaucoup d’argent”, “un manège enchanté qui tourne à vide et répète la même chose”. J’objecte vigoureusement ! Les décors kitchissimes de l’imagination de certains personnages ne sont pas sans rappeler les génériques des Monty Python dans leur exagération, et sont une gentille critique de la fadeur de l’imagination de certains. C’est de l’ironie dans l’exagération (”voilà ce que ça donne quand on met en scène votre imagination, bande de blasés”) qui donne une nouvelle profondeur au film, le rend plus trouble, moins unilatéral. Le rêve vire facilement au cauchemar, et ne permet pas d’échapper à la réalité.
Un charmant voyage donc, que je recommande très vigoureusement à tout amateur de cinéma. Si vous n’avez pas d’argent pour aller le voir au cinéma, vous pourrez bientôt le télécharger (tant que le décret d’application d’Hadopi n’est pas passé) ou draguer un(e) projectionniste. Il n’y a donc aucun obstacle à ce que vous passiez un bon moment : alors ne discutez pas, allez-y !
Trailer : http://www.youtube.com/watch?v=HtA1Sbb3nlw
En français : http://www.youtube.com/watch?v=KJRXwYe7Pww
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Machin qui sert à rien.
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Truc qui sert à rien non plus (mais qui est marrant quand même.)
: Bonjour je suis le dépanateur, je viens pour te déboucher le tuyau et je suis nu sous mon bleu de travail
: Pangolin d'igloo! ♥
: ouais salut c'est pour déboucher le tuyau, parce que si tu tombes en rade de batterie, le blog est down. et nous on veut pas [...]
: Fake !
: Greatings, Thanks for article. Everytime like to read you. Have a nice day AlexAxe
: Je ne suis pas méchante, voyons, je suis lucide.
: Mais, mais... Pourquoi es-tu si méchante?
: Ah, c'est marrant ce machin.
: Hello, I have already seen it somethere... Thank you GlenStef
: Je viens de découvrir ce blog qui me semble fort sympathique, mon blog;
sebousk.over-blog.com
A bientôt ?






