4chan pornday!

Mardi, janvier 5th, 2010 | Brèves | Pas de commentaire

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L’imaginarium du docteur Parnassus

Mercredi, décembre 2nd, 2009 | Blabla | Pas de commentaire

Il y a pile poil deux semaines, j’ai cédé à l’appel des salles de cinéma pour aller voir le dernier Terry Gilliam, L’imaginarium du docteur Parnassus. C’était bien.

Outre ses talents de comédien et d’acteurs, bien connus du Monty Python Flying Circus jusqu’au Sens de la vie, Terry Gilliam est aussi un réalisateur et pas des moindres. Son premier film est Sacré Graal mais on le connaît surtout, en tant que réalisateur, pour quelques films à l’imaginaire étrange, sombre et drôle à la fois : Bandits, Bandits en 1981, mais surtout Brazil en 1985, un film qui ne ferait pas honte à George Orwell, L’armée des douze singes en 1995, et Las Vegas parano en 1998. Gilliam a toujours dans ses films quelque chose de borderline, qu’il parle de pouvoir, de politique ou de… euh… divertissement. Délirant - et c’est pas toujours funky - il puise dans son imaginaire des images inattendues et légèrement perturbantes. En un mot, la pensée qui vient à la vue d’un film de Gilliam c’est “seigneur dieu, je sais pas à quoi il tourne mais je préfèrerais pas essayer.”

L’imaginarium du Dr Parnassus est donc un Terry Gilliam pur cru. On est bien contents de constater que ses finances vont un peu mieux car les décors, les costumes, les effets, rappellent moins les déguisements des Monty Python et ressemble franchement à un film avec un budget. Sa poisse n’est pas partie puisque, après l’abandon de son Don Quichotte suite à la maladie de son acteur principal, Jean Rochefort, suivi de celui de De bons présages (Good Omens by Neil Gaiman and Terry Pratchett himself, think of it!), Terry Gilliam encaisse le décès d’Heath Ledger, l’un des acteurs principaux de L’imaginarium. Il s’en dépatouille plutôt brillamment en le faisait remplacer de manière assez surprenante par trois acteurs qui ont l’air d’avoir de l’avenir : Johny Depp, Jude Law et Colin Farrell.

Le “pitch” de L’Imaginarium a tout pour charmer : dans notre bon XXIe siècle, ivre et blasé, une roulotte de forains propose le spectacle le plus étrange jamais rencontré : un voyage au coeur de votre imagination, accessible à travers un faux miroir dont une brocante ne voudrait pas. La vision de cette roulotte qui paraît tout droit sortie du XVIIIe siècle sur les routes du Londres moderne est aussi saisissante que la fille du Dr. Parnassus, ravissante à se damner. Car il s’agit bien de se damner : le Dr. Parnassus, amoureux d’une donzelle, signe un pacte avec le diable, lui promettant sa fille, en échange du fabuleux pouvoir de faire voyager les autres dans leur imagination. C’est un Faust moderne, qui réenchante le monde, et sied merveilleusement bien à cette fin d’automne recouverte de feuilles mortes.

Un diable en chapeau melon incarné par Tom Waits, une princesse pailletée, un vieux sage plutôt vieux mais pas si sage, un gentil/méchant (ha, qui sait ?) composent ce conte moderne qui m’a complètement charmée. Aussi en ai-je sévèrement voulu aux méchants critique du Masque et la Plume (tous les dimanche à 20h sur France Inter), qui d’habitude me font rigoler. Leurs commentaires sont pour le moins désobligeants. Ils disent “on dirait un spectacle de fin d’année qui aurait beaucoup d’argent”, “un manège enchanté qui tourne à vide et répète la même chose”. J’objecte vigoureusement ! Les décors kitchissimes de l’imagination de certains personnages ne sont pas sans rappeler les génériques des Monty Python dans leur exagération, et sont une gentille critique de la fadeur de l’imagination de certains. C’est de l’ironie dans l’exagération (”voilà ce que ça donne quand on met en scène votre imagination, bande de blasés”) qui donne une nouvelle profondeur au film, le rend plus trouble, moins unilatéral. Le rêve vire facilement au cauchemar, et ne permet pas d’échapper à la réalité.

Un charmant voyage donc, que je recommande très vigoureusement à tout amateur de cinéma. Si vous n’avez pas d’argent pour aller le voir au cinéma, vous pourrez bientôt le télécharger (tant que le décret d’application d’Hadopi n’est pas passé) ou draguer un(e) projectionniste. Il n’y a donc aucun obstacle à ce que vous passiez un bon moment : alors ne discutez pas, allez-y !

Trailer : http://www.youtube.com/watch?v=HtA1Sbb3nlw
En français : http://www.youtube.com/watch?v=KJRXwYe7Pww

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Le blog a un an !

Lundi, novembre 23rd, 2009 | Brèves | Pas de commentaire

Vous avez les yeux qui brûlent ? Voilà ce qui arrive quand on regarde des cochoncetés sur Internet !

chiotdauphin Le blog a un an !

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Un jour en France.

Jeudi, novembre 5th, 2009 | Humeur | Pas de commentaire

Pour des raisons qui me sont personnelles quoiqu’aisément détectable, je me suis rendue hier dans un centre de dépistage, le centre médico-social Figuier (2 rue du Figuier dans le 4e.)

Ce centre offre un dépistage gratuit des MST (VIH, hépatite B, hépatite C, syphilis) à la suite d’un entretien anonyme avec un médecin, mais aussi des consultations de médecine générale ou de prévention. Il y a deux autres centres de ce genre à Paris : Belleville et Ridder, qui ont les même caractéristiques.

J’aimerais faire part de l’immense bonne surprise qu’a été cette visite. Je m’attendais à des locaux mal éclairés, à la peinture vieillissante, tenus par une secrétaire acariâtre qui semble être infirmière en même temps, dans un quartier miteux proche de la périphérie, avec des délais d’attente interminables et d’innombrables passages inutiles, avec des médecins à la compétence douteuse et désagréables, et peut-être même, allez savoir, un rat qui court le long des murs ou des taches d’on ne sait quoi je ne veux pas savoir où.

Les locaux ne sont pas de toute beauté et on sent que l’angoisse s’y accumule. La secrétaire n’a rien d’un ange, mais elle fait tranquillement son travail, peut-être un peu sèchement, mais avec une certaine conscience de l’angoisse que peuvent éprouver ceux qui viennent. La salle d’attente est sans grâce, mais les sièges sont moelleux et toutes les tables ont un présentoir avec divers dépliants sur les MST, les drogues… qui ont en commun un ton informatif, pas moralisateur. Homos, hétéros, bis, et autres, y sont traités avec le même ton médical pas imbitable.

J’ai eu un rendez-vous sous deux jours, pour deux personnes. J’ai attendu tout au plus 10mn avant d’être reçue par le médecin, puis par l’infirmière. Dans la salle d’attente, il y a un couple à l’air inquiet, un asiatique qui porte plein de sacs et le remue frénétiquement, un beur probablement gay qui n’a pas de rendez-vous mais attendra (”c’est pas comme si j’avais autre chose à faire aujourd’hui”, lance-t-il à la secrétaire avec un sourire un peu triste), essentiellement des jeunes mais quelques-un doivent avoir la trentaine.

On me remet un bref questionnaire, que je remets au médecin. Il est épatant. Je suis bien consciente qu’il reçoit des gens comme moi par dizaines, il me laisse l’impression d’être vraiment préoccupé par ma venue. Ses questions sont professionnelles sans être froides, pas un mot de travers sur mes pratiques sexuelles (bon, ce que j’ai raconté était tout à fait banal, mais j’ai l’impression que si j’avais coché la case “consommation de drogue par seringue”, il m’aurait simplement dit “faites attention à utiliser votre propre seringue et à ne pas la partager avec d’autres, elles sont distribuées gratuitement en pharmacie”.) Il parle simplement, il sourit, il est sympathique. J’ai à peine le temps de me rassoir en salle d’attente que l’infirmière me reçoit. L’anonymat est soigneusement géré par un système d’autocollants avec un code (et un code barre) qui sont collés sur mon “dossier”, sur le coupon que je remettrai pour récupérer mes résultats, sur les prises de sang…

L’infirmière est gentille sans me prendre pour un gosse ou une idiote. Elle est soigneuse, attentive, on ne sent pas non plus qu’elle fait ça à la chaîne. Vient le tour de mon copain, qui ne se sent pas trop bien : l’infirmière me prescrit de lui coller des claques préventivement et de lui réserver une “gâterie” à notre retour. Dans sa bouche ça n’a rien de graveleux, juste lucide. Elle prend son temps avant de nous lâcher, sans nous presser.

Les résultats mettront 5 jours à arriver. J’ai même pas eu peur. Parfois, c’est bien, de vivre en France.

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Ce que font les filles quand elles vont aux toilettes.

Mercredi, novembre 4th, 2009 | Pensées profondes | 2 commentaires

En moi résonne sans cesse cette question incessamment posée qui siffle sur ma tête comme un serpent silencieux. Oui, parfaitement, je vous le demande : mais bordel de putain de merde, qu’est-ce qu’elles font les nanas quand elles vont aux toilettes ?

Je suis sérieuse. Je ne sais pas vous, mais, moi, en dehors d’une curiosité malsaine qui me pousse à explorer les toilettes de tout bar ou restaurant que je visite, et même à les prendre en photo, ce que j’y fais relève d’une routine naturelle sur laquelle je ne m’étendrai pas (ça tacherait ma robe) et dont l’intensité éventuelle est basée sur la rapidité. En un mot, passer des heures au popo ça me fait chier. Je ne vois pas l’intérêt d’y traîner. De plus, tout un chacun sait que les filles ne font pas pipi. Qu’iraient-elles donc faire aux toilettes, alors ?

Alors, de deux choses l’une, soit les filles font des choses bizarres quand elles vont aux toilettes, mais ça m’étonnerait quand même un peu, soit elles ne font rien mais ça m’étonnerait quand même beaucoup. Ce sont des filles, après tout.

Première hypothèse : les filles font des trucs de filles. A savoir, elles mettent de la lingerie sexy, elles se roulent des pelles, elles frottent leurs tétons contre leurs copines, elles font des petits bruits mignons tandis que des bébés chats léchouillent leur minou, et elles font des batailles de polochons tandis que leurs seins sautillent gaiment. Tout un chacun s’accordera à dire que cette hypothèse est tout à fait convaincante. Je n’ai aucun doute sur le fait que les filles ont en permanence un bébé chat dans leur sac à main pour ce genre de situations (à quoi d’autre pourrait servir un sac à main ?), mais je m’interroge au sujet des polochons. Mes talents de détective sont peut-être insuffisants, mais je n’ai jamais vu de polochon dans les toilettes de filles que j’ai pu visiter, et vous savez pourtant que je les visite toujours. J’ai bien pensé à des polochons gonflables, mais ce serait bien moins confortables que de délicats polochons en plumes, et je ne peux concevoir que des filles puissent condescendre à un moindre confort. A moins qu’elles aient secrètement mis au point, au cours des siècles, des technologies permettant tout bonnement de transformer leur sac à main (après l’avoir préalablement vidé de son bébé chat) en un polochon moelleux quoique percutant.

Deuxième hypothèse : les filles font des trucs de garçons. Ça paraît invraisemblable, mais en même temps, vu qu’elles ne le font jamais en public, ils faut bien qu’elles le fassent quelque part. Ne vous êtes-vous jamais demandé comment elles faisaient pour s’en passer ? Voilà. Donc, Une fois passée la porte des toilettes, elles jouent à PES en matant des hentai, pètent, rotent, boivent des bières, vomissent partout, laissent traîner des slips sales, et ne rabaissent pas la lunette des toilettes. Ensuite, remettant tout en place car ce sont tout de même des filles, elles s’en retournent à table, apaisées, siroter leur panaché light aux fruits rouges. Défaut de cette hypothèse : les toilettes disposent la plupart du temps d’une télé mais pas de câble HDMI.

Troisième hypothèse : tandis que le jour décline lentement et que seule la lumière d’une bougie qui agonise lentement éclaire faiblement mes mains traçant ce que ma pensée dessine, je commence à acquérir la certitude que mes recherches sont dans une impasse. Si les Maïas ont tracé le triangle des Bermudes, d’où venaient les aliens de la zone 51 ? Auraient-ils détruit les Twin Towers en subissant l’agonie de l’épice ? Je sens que l’oeil de Sauron pèse chaque instant plus lourdement sur mon compas dans l’oeil, et la maladie d’amour m’envahit peu à peu. Dans cette tempête intérieure, une vérité commence à se dessiner : tout converge pour laisser penser que les filles n’existent pas, ou alors seulement dans une autre dimension labyrinthique, obscure, mystique, entretenue dans l’imagination de quatre lézards en feu qui dansent sur une lame de rasoir. Notre fin est proche.

Quatrième hypothèse : les filles existent, mais elles font pipi. Le problème qui se pose ici est d’ordre ontologique : en effet, l’étantité de l’être féminin, en tant qu’il se distingue de l’être par nature tel qu’il se manifeste dans la contingence du monde ek-sistant (au sens grec), ne peut par conséquent se concevoir si son essence ne s’exprime pas dans sa complétude éidétique , mais contrevient au contraire à sa logique transcendantale. Le pipi, en tant qu’il transcende, via l’Idée du pipi, l’Idée de la fille dans le monde intelligible, ne peut s’y associer sans annuler l’être par nature de cette dernière.

Contraposée du corollaire : les filles ne font pas pipi, elles font la queue.

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Un dimanche d’octobre.

Jeudi, octobre 22nd, 2009 | photo | Un commentaire

L’hiver est arrivé avec son soleil clair et froid. On me dira qu’on est à peine en automne, mais moi j’m'en fiche : dès le moment où il fait bon boire un chocolat chaud à côté du radiateur, dès lors que l’on s’emmitoufle et qu’on a le nez froid, on est en hiver.

Il y a dans le soleil d’hiver quelque chose d’intense et mélancolique qui rend rêveur, et nous plongeons dans cet air lumineux comme s’il avait sa propre substance.

Aussi, dimanche, j’ai pris mon appareil et je suis allée au parc Montsouris pour essayer de capturer cette lumière.

fillette483 Un dimanche doctobre.

J’étais frappée de voir comme les gens déambulaient paisiblement sans prêter attention à l’objectif qui les observait. Délaissant un peu les réglages, j’essayais de capturer l’instant, d’aller vite.

v%C3%A9lo483 Un dimanche doctobre.

Je reparcourais en même temps mes souvenirs, car j’avais passé bien des après-midi dans ce parc. Mais tout me paraissait changé, et en même temps inaccessible au temps.

canard483 Un dimanche doctobre.

D’ailleurs on n’avait même pas froid.

pelouse483 Un dimanche doctobre.

Et on notera que les feuilles mortes ne se ramassent pas tant que ça à la pelle.

En tout cas moi j’ai pas oublié.

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L’empire des geeks

Mardi, juillet 21st, 2009 | Pensées profondes | Un commentaire

Je me demande encore pourquoi je n’ai pas pensé plutôt à vous faire partager ce texte, que j’ai composé dans le cadre d’un exercice imposé par mes études : l’objectif était de prendre nettement position sur un thème à choisir parmi plusieurs grandes catégories, dont les nouvelles technologies. Après diverses errances sur des thèmes bateaux, j’ai finalement pris le parti de dire, joliment et en enrobant, ce que je pensais vraiment. Et ce que je pense vraiment a plutôt bien sa place ici.

De nos jours, la technologie est omniprésente dans notre quotidien, qu’il s’agisse de l’activité professionnelle ou scolaire, ou de la vie privée. Où que nous nous trouvions, des objets sont là pour nous rappeler l’étroite dépendance que nous entretenons avec les fruits de l’innovation humaine. Dans les dernières décennies, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont envahi le paysage de notre quotidien, et il devient de plus en plus rare que la circulation de données quelles qu’elles soient, se fassent sans elles. Aussi la façon dont nous vivons, dont nous travaillons, dont nous agissons, est déterminée en partie par notre rapport à la technologie.

Or, il existe dans nos société une catégorie de la population qui a fait de cette relation à la technologie une fin en soi, une occupation permanente et une priorité absolue. Désignés sous le terme souvent péjoratif de geeks ou nerds, ces individus se caractérisent par leur passion pour tout ce qui a trait à la science et aux nouvelles technologies. En effet le terme, qui désignait d’abord un passionné au sens large (et généralement quelqu’un qui néglige ses relations sociales au profit de sa passion), s’applique désormais essentiellement aux utilisateurs assidus de l’informatique et de ses réseaux. Connectés en permanence ou presque, les geeks passent l’essentiel de leurs temps sur leur (ou leurs) ordinateur(s) où ils reçoivent, via leur connexion Internet, un flux permanent et volumineux d’information. Dès qu’une nouvelle information, quelle qu’elle soit, se met à circuler sur Internet, ils sont parmi les premiers à la recevoir, et, immédiatement, à la commenter, la véhiculer, la parodier, etc. Ainsi, dans la classification de la participation des internautes établie par l’étude « Social Technographics » du cabinet Forrester, les geeks sont presque toujours dans les derniers niveaux, parmi les critiques et les créateurs de contenus : ils ont donc une utilisation active et productive d’Internet et de ses contenus.

Ce sont donc les utilisateurs par excellence d’Internet, qu’ils consultent chez eux, mais aussi sur leur ordinateur portable, leur téléphone mobile… Leur activité scolaire ou professionnelle est généralement directement liée à cette passion. Le lien avec les réseaux est donc quasi-permanent. De ce fait, ce sont eux qui modèlent le visage d’Internet, grâce à la conjugaison d’un fort attrait, d’une compétence élevée et d’une présence forte. Il est à noter que le sens du mot « geek » ne doit pas se limiter à la caricature de l’étudiant en informatique passant ses journées seul sur son ordinateur sans aucune relation sociale (on parle alors de nolife, « qui n’a pas de vie ») : le geek se caractérise de fait par l’intensité et la qualité de son rapport aux nouvelles technologies. Ainsi, les grands bloggeurs par exemple – par « grands » j’entends « connus et ayant une forte audience » – entrent parfaitement dans ma définition du geek.

Peu visibles dans la vie « réelle », il forment sur Internet une communauté qui s’identifie par un ensemble de références communes, de pratiques et d’habitudes. Cette communauté n’est pas seulement utilisatrice d’Internet mais la reflète, en parle, et questionne la virtualité de cette « vie parallèle » où l’activité, le temps passé, sont pour elle bien réels. Car ce qui se passe sur Internet devient une vie en soi : on y échange, on y apprend, on y partage, et y agir devient une finalité. Ainsi les flux d’information qui circulent au sein de cette communauté n’ont plus pour objet l’actualité, la « réalité », mais Internet lui-même et ses mécanismes. Les échanges entre geeks sont centrés sur une forme de « méta-information », un ensemble de données et de références qui constituent un « méta-Internet. » Par exemple, le webcomic xkcd.com illustre bien cette capacité de la communauté geek à utiliser les références Internet communes et à leur donner un nouveau sens, un nouveau contexte. On observe ainsi plusieurs tendances majeures : celle qui vise à associer plusieurs références, celle qui parodie une référence, et celle qui imagine cette référence dans la vie réelle.

wikipedian_protester Lempire des geeks

Ainsi, dans l’image ci-dessus, on voit une référence au fonctionnement de Wikipédia, avec la mention « citation needed » (« référence nécessaire » en français) qui est utilisé lorsqu’une information présente sur une page Wikipédia est donnée sans source. Ici, le principe est tranposé dans la vie réelle : un orateur s’exprime lors d’un meeting et une personne dans l’audience brandit un panneau contenant la formule « référence nécessaire » − en bleu souligné, comme les liens hypertexte. L’image reprend ainsi un des thèmes majeurs de la culture geek : la comparaison entre Internet et la réalité, sous-tendue par la question « et si ça se passait comme sur Internet dans la vie réelle ? »

Pour un geek, Internet n’est pas un outil, une façon d’accéder à des contenus ; c’est une fin en soi, un « lieu » ; être sur Internet est une activité en soi, quoiqu’il y fasse. De même, par flux d’information, le geek ne veut pas dire : la même chose que dans la vie réelle (presse, radio, télévision), mais sur Internet. Les journaux en ligne, les sites de podcast, etc., sont pour lui secondaires par rapport aux applications Web natives d’Internet, qui n’aurait pas pu exister sans Internet et dont la structure est inhérente à la construction même d’Internet. Le geek se distingue ainsi par son usage d’Internet, même lorsqu’il fréquente les mêmes sites que les utilisateurs « normaux. » Reprenons par exemple le cas de Wikipédia. Une personne normale consultera le site comme elle consulterait une encyclopédie papier, en cherchant une entrée pour y recueillir des informations. Au contraire, le geek n’aura pas ce comportement utilitaire. D’abord, il est souvent contributeur et possède un compte : il s’y rendra en s’identifiant sur le site, comme on consulte sa boîte mail, puis consultera la liste des tâches qui lui sont imparties. Ensuite, il ne viendra pas pour une recherche précise mais par curiosité : il choisira un sujet au hasard (généralement lié à la culture geek), puis ira de lien en lien, et, quelques heures plus tard, aura totalement dérivé de son point de départ. Parallèlement, il peut utiliser Wikipédia comme correcteur orthographique (en recherchant un mot et en vérifiant s’il existe), comme traducteur (en basculant d’une langue à une autre sur la même page), ou encore comme alternative à la conversation (si quelqu’un lui parle de quelque chose qu’il ne connaît pas, il ira voir sur Wikipédia au lieu de demander une explication.) On voit ainsi que les usages sont infinis et sans rapport avec des comportements observables en dehors du virtuel. Les exemples de phénomènes Internet, de contenus typiques, de dérives linguistiques (plusieurs geeks dialogant entre eux sont généralement incompréhensibles à un « profane »), de comportements propres, sont innombrables, mais demeure toujours cette caractéristique : celle d’envisager les NTIC et Internet comme une fin en soi.

En conséquence, le geek se présente comme la catégorie d’individu qui a un usage idéal d’Internet, adapté à sa structure et son essence. Parallèlement, on note aujourd’hui que le virtuel a pris une place croissante au sein de la société, et que de plus en plus d’activité se font exclusivement ou presque sur Internet. Il devient possible de vivre, travailler, se nourrir, se loger, sans sortir de chez soi. L’informatisation des grands organismes, des administrations, des services, s’intègre dans une tendance globale où Internet est devenu vital (car les points d’accès non virtuels ont été supprimés) et où sa suppression signifierait une crise extrêmement brutale de l’activité sociale et économique mondiale. Dans ce contexte, ma thèse est que les geeks détiennent aujourd’hui les compétences qui seront indispensables demain : ils sont les hommes et les citoyens de l’avenir. De la même manière que les premiers hommes ont dû apprendre à survivre dans une nature hostile pour exister, les geeks ont conquis la « jungle » de l’Internet. Ils sont déjà entièrement convertis au virtuel là où même les digital natives font encore leur transition. Il ne s’agit pas seulement de compétence mais du rapport même à ce « monde parallèle », auquel les geeks confèrent une importance et un degré de réalité, d’authenticité, nettement supérieur aux non-geeks. Vivant sur Internet une partie considérable de leur temps, cette dimension n’est pas proprement virtuelle pour eux : leur évolution suit de près la dématérialisation de l’économie et de la société, et sont donc au coeur des enjeux pré-existants aujourd’hui et cruciaux demain.

[ici un paragraphe lèche-cul sur l'intérêt de mes études par rapport au point de vue traité]

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Parole de pangolin.

Lundi, avril 20th, 2009 | Pensées profondes | Un commentaire

desproges Parole de pangolin.

Ceci est un Desproges.

Le Desproges est un mammifère vivant, toujours vivant, qui a pour habitat mon petit coeur (puisque c’est mon père), des postes de radio, des livres à la couverture souple et brillante, des DVD plutôt ronds et le Limousin.

Ici, le Desproges fait une tête de Desproges mécontent.

Il y a quelques années, il houspillait un critique de cinéma qui avait écrit, à propos d’un film, qu’il n’avait “pas d’autre prétention que celle de nous faire rire” et poursuivait en s’exclamant “mais elle est énorme, la prétention de nous faire rire !”

Il va sans dire qu’en foutant sur la gueule de ce critique qui se croyait malin, le Desproges parlait en même temps de sa propre vie. Le Desproges n’a en somme pas d’autre prétention que celle de nous faire rire. Mais pour nous faire rire, il explore et déploie toute la richesse d’une langue à la fois hardie et désuète qu’il titille, essouffle, tord dans tous les sens, sans jamais se départir d’une rigueur stylistique irréprochable. On n’est pas chez Bigard.

Le Desproges est un éternel angoissé, affreusement torturé par l’effort même d’écrire ses textes, qui fait de l’humour l’expression de cette angoisse et le moyen même de la sublimer, comme d’autres combattent leurs névroses en les noyant dans l’encre et en les figeant sur le papier. Il y a dans l’humour progésien (oui, on dit progésien) quelque chose d’existentiel, d’absolument nécessaire, dont la disparition rendrait la vie insoutenable. Il faut rire parce qu’il n’y a rien de plus sérieux, il faut parodier l’existence pour pouvoir la vivre.

Aux sceptiques qui s’indigneront que je le qualifie d’écrivain, je conseille la lecture de son (unique) roman, Des femmes qui tombent, où le Desproges brosse un portrait follement maniaque et absurdement lyrique de la médiocrité de l’ennui provincial - un ennui de piètre qualité s’il en est. Dans cette mélasse de routine et de petites vies sans intérêt, le Desproges entame quelque chose de l’ordre du roman policier qui finit n’importe comment, avec des extra-terrestres, sans explications, et avec des moustiques si je me souviens bien. C’est incontestablement bien écrit et succulent tellement c’est drôle.

En guise de digestif, je vous livre un extrait de ses talents poétiques, avec cette petite pièce de poésie qu’il a humblement mise dans la bouche de sa fille pour en faire passer le goût :

“Je m’appelle Perrine
J’aime ma maman
Elle est pas dans la marine
Pour le moment.”

En conclusion, le seul défaut du Desproges est qu’il n’en existe qu’un. Et c’est foutrement emmerdant.

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The Return of the Awesome.

Jeudi, avril 9th, 2009 | Non classé | Un commentaire

Comme tout milieu underground, communautaire et auto-géré, Internet a ses règles. Je ne parle pas de l’Internet tels que peuvent en parler mes cours sur les médias, ni l’Internet qu’on trouve sur le portail d’MSN, ni celui qu’on effleure même pas sur Facebook. Je parle du vrai Internet.

Parmi ces règles il y a la règle #34, que je préfère ne pas traduire : “if it exists, there’s porn of if. No exceptions.”

La preuve en images :

Ceux qui me connaissent sauront imaginer la réaction hystérique que j’ai pu avoir devant cette vidéo, alors même que j’accueille Padmé dans la grande famille (et que le blog de votre servitrice va donc se couvrir prochainement de photos.)

Je trouve assez beau de n’avoir pas la moindre idée de la teneur 33 règles qui précèdent la 34e, mais j’en aurai au moins une 35e à ajouter : “si ça existe, ça existe avec des zombies.”

La preuve ici.

Et si tout ceci ne suffit pas pour vous redonner foi en la vie, fermez les yeux, inspirez profondément puis regardez ça :

awesome The Return of the Awesome.

A qui avez-vous vendu votre âme ?

Mercredi, avril 8th, 2009 | Pensées profondes | 2 commentaires

Je le sais, je le sens, certains de mes lecteurs tiennent eux-même leur propre blog. Et c’est à vous que je m’adresse aujourd’hui, camarades bloggueurs, pour vous soumettre à ma question et semer le trouble en vous.

Dès son 15e anniversaire passé (on n’est pas sérieux quand on a 14 ans), tout bon internaute sait que Satan s’est établi sur Internet et qu’il s’est incarné dans le skyblog. Le skyblog, outre qu’il est le ramassis de tout ce qui peut être médiocre et insignifiant dans un individu (le fait d’avoir 14 ans et de le raconter), est détenu, on le sait, par Skyrock.

J’en profite au passage que signaler que ce phénomène illustre à merveille une tendance globale du monde des médias, qui est la convergence de ceux-ci. On n’aurait pas imaginé, il y a 20 ans, qu’une radio détiendrait aussi une plateforme de blog. D’abord, y’a 20 ans, y’avait pas Internet. Enfin, si, mais pas pour les vrais gens, seulement pour les gens inconnus et mystérieux qu’on ne connaît pas mais qui sont importants. Et les scientifiques, qu’on ne connaît généralement pas non plus, mais qui sont moins mystérieux - c’est juste qu’on comprend pas ce qu’ils disent. Bref. Aujourd’hui, tout converge, on retrouve tout partout et l’individu est au centre de la relation avec les médias. Plop.

Qu’en est-il alors des autres plateformes de blog ? Vous qui avez juré sur votre première requête Google incluant le mot “pandiculation” que vous n’ouvririez jamais ce 4e skyblog dont rêvait votre petite soeur, à qui avez-vous vendu votre âme ? Voici un petit résumé des forces en présence.

Blogger is watching you.
Blogger fait partie de ces plateformes les plus respectables, que l’on sait fréquentables et purifiées, notamment avec ses thèmes rigides et austères, de kikoololeurs intempestifs. Blogger est cool parce qu’il est bien référencé, parce qu’on peut le combiner avec son compte Picasa et pas mal d’autres choses. Eh oui, forcément, parce que Blogger est détenu par Google, la Firme devant laquelle tremble Satan-Microsoft. Vous croyez être un bloggueur libre ? Souriez, tout est loggué.

Over-blog sur toutes les chaînes.
Over-blog est souvent la première plateforme qu’on va choisir, parce que les copains y sont, et probablement aussi parce qu’il y a le mot “blog” et le mot “over” dedans (comme dans “over-cool”. Avec over-blog, vous avez un over-cool blog.) Il permet diverses choses sympathiques, dont le fait de se faire rémunérer, et l’aspect communautaire est pas mal développé. Cool et en plein dans le 2.0 ? Bienvenue chez TF1. Eh ouais.

MSN spaces - in another dimension.
Les “blogs” proposés par msn.fr ne sont à mes yeux pas des blogs mais une version évoluée de cette “page de profil” associée à votre compte MSN - ou plutôt devrais-je dire “Live Messenger” - qui fait plutôt bien le travail envisagé par le fichier Edvige. Je suis cependant bien forcée de les mentionner (aux côtés des skyblogs, alors) puisque la plateforme est 2e en France derrière celle de Skyrock, suivie de pas trop loin par Over-blog. Mais quel bloggueur utilise MSN spaces ?

Et tous les autres…
Canalblog, TypePad (payant), Hautetfort, Joueb, Wikia… sont généralement détenus par de petites sociétés : ainsi Canalblog est géré par la société Pinacolaweb, qui ne fait que ça ; Hautetfort par Blogspirit. Wikia est une initiative de Wikipédia. Leur défaut est que leur notoriété est forcément inférieure à celle des grandes plateformes, et se faire connaître devient donc plus difficile.

Mais surtout.
Toutes ces plateformes de blog ne vous donnent qu’une maîtrise somme toute limitée de votre blog : interdiction de certains contenus, indépendance potentiellement remise en doute, question de l’hébergeur. C’est gratuit (en général), mais pas pour rien. Souvent, la plateforme insère de la pub sur vos pages. Les possibilités de personnalisation sont limitées.

J’ai eu un ou plusieurs blog(s) sur toutes les grandes plateformes que j’ai citées, et, taraudées par ce problème d’indépendance, j’ai finalement fait le saut du libre et de la démerde en déménageant mon dernier blog en cours (celui que vous lisez présentement, donc) sur mon site, où je peux mettre toutes les horreurs textuelles et graphiques qui me chantent : tout ceci grâce à l’irréprochable moteur de blog WordPress, qui s’installe en quelques clics, se personnalise à l’infini et s’agrémente à volonté de modules (à l’utilité plus ou moins assurée) créés par toute une communauté de développeurs et de bloggueurs, puisque WordPress est aussi et surtout un projet entièrement libre et communautaire.

Si j’avais eu une âme, eh ben maintenant, j’aurais pu la racheter.

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février 2010
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Machin qui sert à rien.

Truc qui sert à rien non plus (mais qui est marrant quand même.)

Latest on Fri, 12:07 am

Julien: Bonjour je suis le dépanateur, je viens pour te déboucher le tuyau et je suis nu sous mon bleu de travail

Who: Pangolin d'igloo! ♥

dafeen: ouais salut c'est pour déboucher le tuyau, parce que si tu tombes en rade de batterie, le blog est down. et nous on veut pas [...]

Dus: Fake !

AlexAxe: Greatings, Thanks for article. Everytime like to read you. Have a nice day AlexAxe

Anankè: Je ne suis pas méchante, voyons, je suis lucide.

David: Mais, mais... Pourquoi es-tu si méchante?

Phiip: Ah, c'est marrant ce machin.

GlenStef: Hello, I have already seen it somethere... Thank you GlenStef

sebastien: Je viens de découvrir ce blog qui me semble fort sympathique, mon blog; sebousk.over-blog.com A bientôt ? ;-)

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Bidule pour faire joli.

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