Déclaration des droits du dimanche
Lors du Serment du Jus de Pomme, les citoyens français n’étaient pas les seuls à se réunir pour se donner une constitution. Non loin de là, dans une cave à eau de vie, les jours de la semaine réunis en grand convent s’affairaient à donner au temps une constitution.
Oui ! Car le temps lui aussi a le droit à la liberté, au respect, à l’expression de soi ! Halte à la discrimination entre jours de la semaine, qui interdit aux autres jours, au mardi, au jeudi, d’être des dimanche ! Chaque jour de la semaine a le droit inaliénable d’être un dimanche s’il le souhaite ! Libérons les dimanche, donnons-leur le droit d’exister partout et à tout moment ! Faisons tomber cette dictature de la succession des jours, et donnons à chacun sa chance ! Pour un monde où c’est tous les jours dimanche, oui au temps, oui à la semaine, oui à la libération des jours et du dimanche !
C’est en ces termes que tous les dimanche que dieu fait s’étaient réunis, pleins de gravité devant l’importance historique du moment, pour rédiger la Déclaration des Droits du Dimanche.
Les représentants du peuple des Dimanche, constitués en Semaine Chômée, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits du dimanche sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption du temps, ont résolu d’exposer, dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés du dimanche, afin que cette déclaration, constamment présente à toutes les instances du calendrier, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir du temps et des années qui passent, pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution temporelle, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des Dimanche, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien des Jours qui Passent et des Feuilles mortes qui se ramassent à la Pelle.
En conséquence, la Semaine Chômée reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de la Seconde Exacte (définie comme la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins F=3 et F=4 de l’état fondamental 6S½ de l’atome de césium 133), les droits suivants du Dimanche.
Article premier - Les Jours de la Semaine naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions entre la semaine et le week-end ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.
Article 2 - Le but de tout calendrier est la conservation des droits naturels et imprescriptibles du Dimanche. Ces droits sont la liberté, le brunch, le plaid et le thé.
Article 3 - Le principe de toute temporalité réside essentiellement dans la fantaisie de chacun. Nul corps, nul individu ne peut imposer d’agenda qui n’en émane expressément.
Article 4 - La liberté consiste à pouvoir foutre le bordel et à boire du thé enroulé dans un plaid le dimanche : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque Dimanche n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Jours de la Semaine la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la loi. Tous les jours de la semaine ont donc le droit naturel et inaliénable d’être des dimanche.
Article 5 - La loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la tranquillité du dimanche. Tout ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas, surtout si c’est en semaine.
Article 6 - La loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Jours de la Semaine ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les jours de la semaine, étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à être des dimanche, selon leur capacité et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.
Article 7 - Aucun dimanche ne peut être supprimé, annulé ou reporté que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui gâchent les dimanche doivent être punis ; mais tout jour de la semaine appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l’instant ; il se rend coupable par la résistance, même si cette phrase n’a aucun sens.
Article 8 - La loi doit établir des peines sévères à l’égard de ceux qui nuisent, amoindrissent ou tentent de supprimer un dimanche, toutefois nul ne peut être puni qu’en vertu d’une loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.
Article 9 - Tout dimanche étant présumé indispensable jusqu’à ce qu’il ait été déclaré inutile, s’il est jugé indispensable de l’interrompre, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour le gâcher doit être sévèrement réprimée par la loi.
Article 10 - Nul ne doit être inquiété pour ses activités le dimanche, mêmes religieuses (c’est dire !), pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.
Article 11 - La libre modification de l’ordre de la semaine est un des droits les plus précieux du dimanche ; tout dimanche peut donc s’intervertir, se dupliquer, se prolonger librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.
Article 12 - La garantie des droits du dimanche et des jours de la semaine nécessite une temporalité linéaire (de préférence) ; cette temporalité est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux à qui elle est confiée.
Article 13 - Pour l’entretien de la temporalité, et pour les dépenses d’horloge parlante, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les jours de la semaine, en raison de leurs disponibilités.
Article 14 - Les dimanche ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique à la préparation du petit déjeuner, du déjeuner et du brunch, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.
Article 15 - Le calendrier a le droit de demander compte à toute semaine de sa gestion des dimanche.
Article 16 - Tout calendrier dans lequel la garantie des droits du dimanche n’est pas assurée ni leur multiplication planifiée, n’a point de Constitution.
Article 17 - La tranquillité du dimanche étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.
5 bonnes raisons de ne pas s’en faire.
Vous l’attendiez depuis longtemps, ils ont fleuri partout sur Internet depuis un moment, on a bien rigolé, mais voici maintenant mon propre article anti-Hadopi. Je partirai du principe que vous êtes déjà convaincus par la cause, et déjà au courant des diverses farces dont nous arrosent les médias, entre l’utilisation de polices soumises au droit d’auteur et l’oubli de déposer la marque sous laquelle des milliers de mails inutiles seront envoyés chaque jour.
Le blog Linux Manua en particulier proposé ses 10 antidotes anti Hadopi mais la situation a évolué depuis et je trouvais quelque chose d’un peu trop désinvolte à cet article, persuadé qu’une contestation massive suffirait à supprimer les condamnations.
En réalité, je crois qu’il faudra moins que ça. Je tiens mon information d’un membre du conseil constitutionnel, que j’ai eu la chance de rencontrer via mon école, et qui a clairement soutenu, à demi mot qu’ils avaient censuré une loi qui ne serait jamais suivie de sanctions.
Mais on n’est jamais trop prudent.
1) Vous n’avez rien vu, vous n’étiez pas là.
Lorsque les procédures d’envoi de courrier seront mis en place (ce qu’on attend toujours, au passage), le troisième courrier sera doublé d’une lettre recommandée. Le conseil nous vient de Maître Éolas, dans cet article. Le conseil est simple : n’allez pas chercher ce recommandé. Et vous pourrez glorieusement vous exclamer “j’ai rien vu, j’étais pas là, vous pouvez rien prouver !”
“la loi prévoit que ce deuxième courriel peut (peut, pas doit, les critères de ce choix étant laissés à la discrétion de la CPD) être doublé d’une lettre remise contre signature ou tout autre moyen permettant de prouver la réception effective de la lettre (recommandé AR). Cette lettre physique est importante car seule elle permettra d’enclencher la procédure de sanction. Conclusion d’avocat : surtout, n’acceptez pas de signer le récépissé (rien ne vous y oblige dans la loi), et si vous recevez une lettre recommandée de la CPD, ne l’acceptez pas. Vous serez à l’abri des sanctions de la CPD.”
2) D’ailleurs, vous n’êtes pas là.
L’information utilisée pour identifier le vilain canard est l’IP. Changez donc d’IP. IPREDator, le VPN (virtual private network) mis en place par The Pirate Bay est maintenant sorti de sa version bêta et accessible à tous. Créé en réaction à l’IPRED, l’Hadopi suédoise, le service sert exactement à contourner notre problématique. Il n’est bien sûr pas le seul à fournir ce service mais les péripéties autour du procès des créateurs de The Pirate Bay l’ont rendu particulièrement populaire. En souscrivant à ce service, vos connexions seront anonymes, et si la démarche peut éveiller des soupçons, en tout cas vous serez tranquille.
3) Firefox est grand, acte I.
Si vous êtes pressés et radins (ce en quoi je ne peux que vous soutenir), de nombreux petits plug-in pour Firefox vous permettront de passer derrière un proxy lorsque vous vous rendez sur certains sites dont je ne connais absolument pas du tout l’adresse. Par exemple, PhProxy s’active et se désactive à loisir. Bien sûr il ne concerne que les connexions via Firefox, mais c’est déjà utile.
Pour généraliser la protection de la connexion, le projet Tor est maintenant accessible sous Windows, Mac et Linux (deb, rpm, tar.gz.) Un peu compliqué à configurer mais vous trouverez des tutos ici.
4) Firefox est grand, acte II.
Ne téléchargez plus, regardez. De plus en plus de films, et toutes les séries, sont disponibles en ligne en qualité toujours croissante. De nombreux sites de partage de vidéo imposent toutefois une limite de temps de visionnnage : si vous êtes toujours radins depuis le point 3), installez donc le plugin Illimitux qui supprime ces limitations. Parfois surchargé, en général il fonctionne bien.
5) Firefox est grand, acte III
Paul da Silva, le créateur de Blagues de Geek et Hadopi Explorer (sur lesquels vous trouverez des tas d’infos sur ce site trop bien) s’est basé sur l’IMdB, la grande base de donnée du cinéma, pour créer un plugin qui rajoute sur les fiches IMdB un encart de recherche Google sur le film consulté, vers des sites de partage de fichier type RapidShare ou Megaupload. Il s’agit d’IMDIDb, un projet présenté comme une “proof of concept” (projet réalisé pour montrer qu’il est techniquement possible, sans inviter à son utilisation. Le terme est régulièrement utilisé par les tutos qui vous proposent de vous apprendre à “cracker votre wifi, pour vérifier qu’il est bien sécurisé.)
Avec tout ça (et bien plus encore à venir, je n’en doute pas), vous devriez être tranquilles.
Quant à moi, je n’invite à rien. Je ne suis là que pour montrer les failles de ce qui nous attend.
L’imaginarium du docteur Parnassus
Il y a pile poil deux semaines, j’ai cédé à l’appel des salles de cinéma pour aller voir le dernier Terry Gilliam, L’imaginarium du docteur Parnassus. C’était bien.
Outre ses talents de comédien et d’acteurs, bien connus du Monty Python Flying Circus jusqu’au Sens de la vie, Terry Gilliam est aussi un réalisateur et pas des moindres. Son premier film est Sacré Graal mais on le connaît surtout, en tant que réalisateur, pour quelques films à l’imaginaire étrange, sombre et drôle à la fois : Bandits, Bandits en 1981, mais surtout Brazil en 1985, un film qui ne ferait pas honte à George Orwell, L’armée des douze singes en 1995, et Las Vegas parano en 1998. Gilliam a toujours dans ses films quelque chose de borderline, qu’il parle de pouvoir, de politique ou de… euh… divertissement. Délirant - et c’est pas toujours funky - il puise dans son imaginaire des images inattendues et légèrement perturbantes. En un mot, la pensée qui vient à la vue d’un film de Gilliam c’est “seigneur dieu, je sais pas à quoi il tourne mais je préfèrerais pas essayer.”
L’imaginarium du Dr Parnassus est donc un Terry Gilliam pur cru. On est bien contents de constater que ses finances vont un peu mieux car les décors, les costumes, les effets, rappellent moins les déguisements des Monty Python et ressemble franchement à un film avec un budget. Sa poisse n’est pas partie puisque, après l’abandon de son Don Quichotte suite à la maladie de son acteur principal, Jean Rochefort, suivi de celui de De bons présages (Good Omens by Neil Gaiman and Terry Pratchett himself, think of it!), Terry Gilliam encaisse le décès d’Heath Ledger, l’un des acteurs principaux de L’imaginarium. Il s’en dépatouille plutôt brillamment en le faisait remplacer de manière assez surprenante par trois acteurs qui ont l’air d’avoir de l’avenir : Johny Depp, Jude Law et Colin Farrell.
Le “pitch” de L’Imaginarium a tout pour charmer : dans notre bon XXIe siècle, ivre et blasé, une roulotte de forains propose le spectacle le plus étrange jamais rencontré : un voyage au coeur de votre imagination, accessible à travers un faux miroir dont une brocante ne voudrait pas. La vision de cette roulotte qui paraît tout droit sortie du XVIIIe siècle sur les routes du Londres moderne est aussi saisissante que la fille du Dr. Parnassus, ravissante à se damner. Car il s’agit bien de se damner : le Dr. Parnassus, amoureux d’une donzelle, signe un pacte avec le diable, lui promettant sa fille, en échange du fabuleux pouvoir de faire voyager les autres dans leur imagination. C’est un Faust moderne, qui réenchante le monde, et sied merveilleusement bien à cette fin d’automne recouverte de feuilles mortes.
Un diable en chapeau melon incarné par Tom Waits, une princesse pailletée, un vieux sage plutôt vieux mais pas si sage, un gentil/méchant (ha, qui sait ?) composent ce conte moderne qui m’a complètement charmée. Aussi en ai-je sévèrement voulu aux méchants critique du Masque et la Plume (tous les dimanche à 20h sur France Inter), qui d’habitude me font rigoler. Leurs commentaires sont pour le moins désobligeants. Ils disent “on dirait un spectacle de fin d’année qui aurait beaucoup d’argent”, “un manège enchanté qui tourne à vide et répète la même chose”. J’objecte vigoureusement ! Les décors kitchissimes de l’imagination de certains personnages ne sont pas sans rappeler les génériques des Monty Python dans leur exagération, et sont une gentille critique de la fadeur de l’imagination de certains. C’est de l’ironie dans l’exagération (”voilà ce que ça donne quand on met en scène votre imagination, bande de blasés”) qui donne une nouvelle profondeur au film, le rend plus trouble, moins unilatéral. Le rêve vire facilement au cauchemar, et ne permet pas d’échapper à la réalité.
Un charmant voyage donc, que je recommande très vigoureusement à tout amateur de cinéma. Si vous n’avez pas d’argent pour aller le voir au cinéma, vous pourrez bientôt le télécharger (tant que le décret d’application d’Hadopi n’est pas passé) ou draguer un(e) projectionniste. Il n’y a donc aucun obstacle à ce que vous passiez un bon moment : alors ne discutez pas, allez-y !
Trailer : http://www.youtube.com/watch?v=HtA1Sbb3nlw
En français : http://www.youtube.com/watch?v=KJRXwYe7Pww
Le blog a un an !
Vous avez les yeux qui brûlent ? Voilà ce qui arrive quand on regarde des cochoncetés sur Internet !
Un jour en France.
Pour des raisons qui me sont personnelles quoiqu’aisément détectable, je me suis rendue hier dans un centre de dépistage, le centre médico-social Figuier (2 rue du Figuier dans le 4e.)
Ce centre offre un dépistage gratuit des MST (VIH, hépatite B, hépatite C, syphilis) à la suite d’un entretien anonyme avec un médecin, mais aussi des consultations de médecine générale ou de prévention. Il y a deux autres centres de ce genre à Paris : Belleville et Ridder, qui ont les même caractéristiques.
J’aimerais faire part de l’immense bonne surprise qu’a été cette visite. Je m’attendais à des locaux mal éclairés, à la peinture vieillissante, tenus par une secrétaire acariâtre qui semble être infirmière en même temps, dans un quartier miteux proche de la périphérie, avec des délais d’attente interminables et d’innombrables passages inutiles, avec des médecins à la compétence douteuse et désagréables, et peut-être même, allez savoir, un rat qui court le long des murs ou des taches d’on ne sait quoi je ne veux pas savoir où.
Les locaux ne sont pas de toute beauté et on sent que l’angoisse s’y accumule. La secrétaire n’a rien d’un ange, mais elle fait tranquillement son travail, peut-être un peu sèchement, mais avec une certaine conscience de l’angoisse que peuvent éprouver ceux qui viennent. La salle d’attente est sans grâce, mais les sièges sont moelleux et toutes les tables ont un présentoir avec divers dépliants sur les MST, les drogues… qui ont en commun un ton informatif, pas moralisateur. Homos, hétéros, bis, et autres, y sont traités avec le même ton médical pas imbitable.
J’ai eu un rendez-vous sous deux jours, pour deux personnes. J’ai attendu tout au plus 10mn avant d’être reçue par le médecin, puis par l’infirmière. Dans la salle d’attente, il y a un couple à l’air inquiet, un asiatique qui porte plein de sacs et le remue frénétiquement, un beur probablement gay qui n’a pas de rendez-vous mais attendra (”c’est pas comme si j’avais autre chose à faire aujourd’hui”, lance-t-il à la secrétaire avec un sourire un peu triste), essentiellement des jeunes mais quelques-un doivent avoir la trentaine.
On me remet un bref questionnaire, que je remets au médecin. Il est épatant. Je suis bien consciente qu’il reçoit des gens comme moi par dizaines, il me laisse l’impression d’être vraiment préoccupé par ma venue. Ses questions sont professionnelles sans être froides, pas un mot de travers sur mes pratiques sexuelles (bon, ce que j’ai raconté était tout à fait banal, mais j’ai l’impression que si j’avais coché la case “consommation de drogue par seringue”, il m’aurait simplement dit “faites attention à utiliser votre propre seringue et à ne pas la partager avec d’autres, elles sont distribuées gratuitement en pharmacie”.) Il parle simplement, il sourit, il est sympathique. J’ai à peine le temps de me rassoir en salle d’attente que l’infirmière me reçoit. L’anonymat est soigneusement géré par un système d’autocollants avec un code (et un code barre) qui sont collés sur mon “dossier”, sur le coupon que je remettrai pour récupérer mes résultats, sur les prises de sang…
L’infirmière est gentille sans me prendre pour un gosse ou une idiote. Elle est soigneuse, attentive, on ne sent pas non plus qu’elle fait ça à la chaîne. Vient le tour de mon copain, qui ne se sent pas trop bien : l’infirmière me prescrit de lui coller des claques préventivement et de lui réserver une “gâterie” à notre retour. Dans sa bouche ça n’a rien de graveleux, juste lucide. Elle prend son temps avant de nous lâcher, sans nous presser.
Les résultats mettront 5 jours à arriver. J’ai même pas eu peur. Parfois, c’est bien, de vivre en France.
Ce que font les filles quand elles vont aux toilettes.
En moi résonne sans cesse cette question incessamment posée qui siffle sur ma tête comme un serpent silencieux. Oui, parfaitement, je vous le demande : mais bordel de putain de merde, qu’est-ce qu’elles font les nanas quand elles vont aux toilettes ?
Je suis sérieuse. Je ne sais pas vous, mais, moi, en dehors d’une curiosité malsaine qui me pousse à explorer les toilettes de tout bar ou restaurant que je visite, et même à les prendre en photo, ce que j’y fais relève d’une routine naturelle sur laquelle je ne m’étendrai pas (ça tacherait ma robe) et dont l’intensité éventuelle est basée sur la rapidité. En un mot, passer des heures au popo ça me fait chier. Je ne vois pas l’intérêt d’y traîner. De plus, tout un chacun sait que les filles ne font pas pipi. Qu’iraient-elles donc faire aux toilettes, alors ?
Alors, de deux choses l’une, soit les filles font des choses bizarres quand elles vont aux toilettes, mais ça m’étonnerait quand même un peu, soit elles ne font rien mais ça m’étonnerait quand même beaucoup. Ce sont des filles, après tout.
Première hypothèse : les filles font des trucs de filles. A savoir, elles mettent de la lingerie sexy, elles se roulent des pelles, elles frottent leurs tétons contre leurs copines, elles font des petits bruits mignons tandis que des bébés chats léchouillent leur minou, et elles font des batailles de polochons tandis que leurs seins sautillent gaiment. Tout un chacun s’accordera à dire que cette hypothèse est tout à fait convaincante. Je n’ai aucun doute sur le fait que les filles ont en permanence un bébé chat dans leur sac à main pour ce genre de situations (à quoi d’autre pourrait servir un sac à main ?), mais je m’interroge au sujet des polochons. Mes talents de détective sont peut-être insuffisants, mais je n’ai jamais vu de polochon dans les toilettes de filles que j’ai pu visiter, et vous savez pourtant que je les visite toujours. J’ai bien pensé à des polochons gonflables, mais ce serait bien moins confortables que de délicats polochons en plumes, et je ne peux concevoir que des filles puissent condescendre à un moindre confort. A moins qu’elles aient secrètement mis au point, au cours des siècles, des technologies permettant tout bonnement de transformer leur sac à main (après l’avoir préalablement vidé de son bébé chat) en un polochon moelleux quoique percutant.
Deuxième hypothèse : les filles font des trucs de garçons. Ça paraît invraisemblable, mais en même temps, vu qu’elles ne le font jamais en public, ils faut bien qu’elles le fassent quelque part. Ne vous êtes-vous jamais demandé comment elles faisaient pour s’en passer ? Voilà. Donc, Une fois passée la porte des toilettes, elles jouent à PES en matant des hentai, pètent, rotent, boivent des bières, vomissent partout, laissent traîner des slips sales, et ne rabaissent pas la lunette des toilettes. Ensuite, remettant tout en place car ce sont tout de même des filles, elles s’en retournent à table, apaisées, siroter leur panaché light aux fruits rouges. Défaut de cette hypothèse : les toilettes disposent la plupart du temps d’une télé mais pas de câble HDMI.
Troisième hypothèse : tandis que le jour décline lentement et que seule la lumière d’une bougie qui agonise lentement éclaire faiblement mes mains traçant ce que ma pensée dessine, je commence à acquérir la certitude que mes recherches sont dans une impasse. Si les Maïas ont tracé le triangle des Bermudes, d’où venaient les aliens de la zone 51 ? Auraient-ils détruit les Twin Towers en subissant l’agonie de l’épice ? Je sens que l’oeil de Sauron pèse chaque instant plus lourdement sur mon compas dans l’oeil, et la maladie d’amour m’envahit peu à peu. Dans cette tempête intérieure, une vérité commence à se dessiner : tout converge pour laisser penser que les filles n’existent pas, ou alors seulement dans une autre dimension labyrinthique, obscure, mystique, entretenue dans l’imagination de quatre lézards en feu qui dansent sur une lame de rasoir. Notre fin est proche.
Quatrième hypothèse : les filles existent, mais elles font pipi. Le problème qui se pose ici est d’ordre ontologique : en effet, l’étantité de l’être féminin, en tant qu’il se distingue de l’être par nature tel qu’il se manifeste dans la contingence du monde ek-sistant (au sens grec), ne peut par conséquent se concevoir si son essence ne s’exprime pas dans sa complétude éidétique , mais contrevient au contraire à sa logique transcendantale. Le pipi, en tant qu’il transcende, via l’Idée du pipi, l’Idée de la fille dans le monde intelligible, ne peut s’y associer sans annuler l’être par nature de cette dernière.
Contraposée du corollaire : les filles ne font pas pipi, elles font la queue.
Un dimanche d’octobre.
L’hiver est arrivé avec son soleil clair et froid. On me dira qu’on est à peine en automne, mais moi j’m'en fiche : dès le moment où il fait bon boire un chocolat chaud à côté du radiateur, dès lors que l’on s’emmitoufle et qu’on a le nez froid, on est en hiver.
Il y a dans le soleil d’hiver quelque chose d’intense et mélancolique qui rend rêveur, et nous plongeons dans cet air lumineux comme s’il avait sa propre substance.
Aussi, dimanche, j’ai pris mon appareil et je suis allée au parc Montsouris pour essayer de capturer cette lumière.
J’étais frappée de voir comme les gens déambulaient paisiblement sans prêter attention à l’objectif qui les observait. Délaissant un peu les réglages, j’essayais de capturer l’instant, d’aller vite.

Je reparcourais en même temps mes souvenirs, car j’avais passé bien des après-midi dans ce parc. Mais tout me paraissait changé, et en même temps inaccessible au temps.

D’ailleurs on n’avait même pas froid.

Et on notera que les feuilles mortes ne se ramassent pas tant que ça à la pelle.
En tout cas moi j’ai pas oublié.
L’empire des geeks
Je me demande encore pourquoi je n’ai pas pensé plutôt à vous faire partager ce texte, que j’ai composé dans le cadre d’un exercice imposé par mes études : l’objectif était de prendre nettement position sur un thème à choisir parmi plusieurs grandes catégories, dont les nouvelles technologies. Après diverses errances sur des thèmes bateaux, j’ai finalement pris le parti de dire, joliment et en enrobant, ce que je pensais vraiment. Et ce que je pense vraiment a plutôt bien sa place ici.
De nos jours, la technologie est omniprésente dans notre quotidien, qu’il s’agisse de l’activité professionnelle ou scolaire, ou de la vie privée. Où que nous nous trouvions, des objets sont là pour nous rappeler l’étroite dépendance que nous entretenons avec les fruits de l’innovation humaine. Dans les dernières décennies, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont envahi le paysage de notre quotidien, et il devient de plus en plus rare que la circulation de données quelles qu’elles soient, se fassent sans elles. Aussi la façon dont nous vivons, dont nous travaillons, dont nous agissons, est déterminée en partie par notre rapport à la technologie.
Or, il existe dans nos société une catégorie de la population qui a fait de cette relation à la technologie une fin en soi, une occupation permanente et une priorité absolue. Désignés sous le terme souvent péjoratif de geeks ou nerds, ces individus se caractérisent par leur passion pour tout ce qui a trait à la science et aux nouvelles technologies. En effet le terme, qui désignait d’abord un passionné au sens large (et généralement quelqu’un qui néglige ses relations sociales au profit de sa passion), s’applique désormais essentiellement aux utilisateurs assidus de l’informatique et de ses réseaux. Connectés en permanence ou presque, les geeks passent l’essentiel de leurs temps sur leur (ou leurs) ordinateur(s) où ils reçoivent, via leur connexion Internet, un flux permanent et volumineux d’information. Dès qu’une nouvelle information, quelle qu’elle soit, se met à circuler sur Internet, ils sont parmi les premiers à la recevoir, et, immédiatement, à la commenter, la véhiculer, la parodier, etc. Ainsi, dans la classification de la participation des internautes établie par l’étude « Social Technographics » du cabinet Forrester, les geeks sont presque toujours dans les derniers niveaux, parmi les critiques et les créateurs de contenus : ils ont donc une utilisation active et productive d’Internet et de ses contenus.
Ce sont donc les utilisateurs par excellence d’Internet, qu’ils consultent chez eux, mais aussi sur leur ordinateur portable, leur téléphone mobile… Leur activité scolaire ou professionnelle est généralement directement liée à cette passion. Le lien avec les réseaux est donc quasi-permanent. De ce fait, ce sont eux qui modèlent le visage d’Internet, grâce à la conjugaison d’un fort attrait, d’une compétence élevée et d’une présence forte. Il est à noter que le sens du mot « geek » ne doit pas se limiter à la caricature de l’étudiant en informatique passant ses journées seul sur son ordinateur sans aucune relation sociale (on parle alors de nolife, « qui n’a pas de vie ») : le geek se caractérise de fait par l’intensité et la qualité de son rapport aux nouvelles technologies. Ainsi, les grands bloggeurs par exemple – par « grands » j’entends « connus et ayant une forte audience » – entrent parfaitement dans ma définition du geek.
Peu visibles dans la vie « réelle », il forment sur Internet une communauté qui s’identifie par un ensemble de références communes, de pratiques et d’habitudes. Cette communauté n’est pas seulement utilisatrice d’Internet mais la reflète, en parle, et questionne la virtualité de cette « vie parallèle » où l’activité, le temps passé, sont pour elle bien réels. Car ce qui se passe sur Internet devient une vie en soi : on y échange, on y apprend, on y partage, et y agir devient une finalité. Ainsi les flux d’information qui circulent au sein de cette communauté n’ont plus pour objet l’actualité, la « réalité », mais Internet lui-même et ses mécanismes. Les échanges entre geeks sont centrés sur une forme de « méta-information », un ensemble de données et de références qui constituent un « méta-Internet. » Par exemple, le webcomic xkcd.com illustre bien cette capacité de la communauté geek à utiliser les références Internet communes et à leur donner un nouveau sens, un nouveau contexte. On observe ainsi plusieurs tendances majeures : celle qui vise à associer plusieurs références, celle qui parodie une référence, et celle qui imagine cette référence dans la vie réelle.
Ainsi, dans l’image ci-dessus, on voit une référence au fonctionnement de Wikipédia, avec la mention « citation needed » (« référence nécessaire » en français) qui est utilisé lorsqu’une information présente sur une page Wikipédia est donnée sans source. Ici, le principe est tranposé dans la vie réelle : un orateur s’exprime lors d’un meeting et une personne dans l’audience brandit un panneau contenant la formule « référence nécessaire » − en bleu souligné, comme les liens hypertexte. L’image reprend ainsi un des thèmes majeurs de la culture geek : la comparaison entre Internet et la réalité, sous-tendue par la question « et si ça se passait comme sur Internet dans la vie réelle ? »
Pour un geek, Internet n’est pas un outil, une façon d’accéder à des contenus ; c’est une fin en soi, un « lieu » ; être sur Internet est une activité en soi, quoiqu’il y fasse. De même, par flux d’information, le geek ne veut pas dire : la même chose que dans la vie réelle (presse, radio, télévision), mais sur Internet. Les journaux en ligne, les sites de podcast, etc., sont pour lui secondaires par rapport aux applications Web natives d’Internet, qui n’aurait pas pu exister sans Internet et dont la structure est inhérente à la construction même d’Internet. Le geek se distingue ainsi par son usage d’Internet, même lorsqu’il fréquente les mêmes sites que les utilisateurs « normaux. » Reprenons par exemple le cas de Wikipédia. Une personne normale consultera le site comme elle consulterait une encyclopédie papier, en cherchant une entrée pour y recueillir des informations. Au contraire, le geek n’aura pas ce comportement utilitaire. D’abord, il est souvent contributeur et possède un compte : il s’y rendra en s’identifiant sur le site, comme on consulte sa boîte mail, puis consultera la liste des tâches qui lui sont imparties. Ensuite, il ne viendra pas pour une recherche précise mais par curiosité : il choisira un sujet au hasard (généralement lié à la culture geek), puis ira de lien en lien, et, quelques heures plus tard, aura totalement dérivé de son point de départ. Parallèlement, il peut utiliser Wikipédia comme correcteur orthographique (en recherchant un mot et en vérifiant s’il existe), comme traducteur (en basculant d’une langue à une autre sur la même page), ou encore comme alternative à la conversation (si quelqu’un lui parle de quelque chose qu’il ne connaît pas, il ira voir sur Wikipédia au lieu de demander une explication.) On voit ainsi que les usages sont infinis et sans rapport avec des comportements observables en dehors du virtuel. Les exemples de phénomènes Internet, de contenus typiques, de dérives linguistiques (plusieurs geeks dialogant entre eux sont généralement incompréhensibles à un « profane »), de comportements propres, sont innombrables, mais demeure toujours cette caractéristique : celle d’envisager les NTIC et Internet comme une fin en soi.
En conséquence, le geek se présente comme la catégorie d’individu qui a un usage idéal d’Internet, adapté à sa structure et son essence. Parallèlement, on note aujourd’hui que le virtuel a pris une place croissante au sein de la société, et que de plus en plus d’activité se font exclusivement ou presque sur Internet. Il devient possible de vivre, travailler, se nourrir, se loger, sans sortir de chez soi. L’informatisation des grands organismes, des administrations, des services, s’intègre dans une tendance globale où Internet est devenu vital (car les points d’accès non virtuels ont été supprimés) et où sa suppression signifierait une crise extrêmement brutale de l’activité sociale et économique mondiale. Dans ce contexte, ma thèse est que les geeks détiennent aujourd’hui les compétences qui seront indispensables demain : ils sont les hommes et les citoyens de l’avenir. De la même manière que les premiers hommes ont dû apprendre à survivre dans une nature hostile pour exister, les geeks ont conquis la « jungle » de l’Internet. Ils sont déjà entièrement convertis au virtuel là où même les digital natives font encore leur transition. Il ne s’agit pas seulement de compétence mais du rapport même à ce « monde parallèle », auquel les geeks confèrent une importance et un degré de réalité, d’authenticité, nettement supérieur aux non-geeks. Vivant sur Internet une partie considérable de leur temps, cette dimension n’est pas proprement virtuelle pour eux : leur évolution suit de près la dématérialisation de l’économie et de la société, et sont donc au coeur des enjeux pré-existants aujourd’hui et cruciaux demain.
[ici un paragraphe lèche-cul sur l'intérêt de mes études par rapport au point de vue traité]
Parole de pangolin.

Ceci est un Desproges.
Le Desproges est un mammifère vivant, toujours vivant, qui a pour habitat mon petit coeur (puisque c’est mon père), des postes de radio, des livres à la couverture souple et brillante, des DVD plutôt ronds et le Limousin.
Ici, le Desproges fait une tête de Desproges mécontent.
Il y a quelques années, il houspillait un critique de cinéma qui avait écrit, à propos d’un film, qu’il n’avait “pas d’autre prétention que celle de nous faire rire” et poursuivait en s’exclamant “mais elle est énorme, la prétention de nous faire rire !”
Il va sans dire qu’en foutant sur la gueule de ce critique qui se croyait malin, le Desproges parlait en même temps de sa propre vie. Le Desproges n’a en somme pas d’autre prétention que celle de nous faire rire. Mais pour nous faire rire, il explore et déploie toute la richesse d’une langue à la fois hardie et désuète qu’il titille, essouffle, tord dans tous les sens, sans jamais se départir d’une rigueur stylistique irréprochable. On n’est pas chez Bigard.
Le Desproges est un éternel angoissé, affreusement torturé par l’effort même d’écrire ses textes, qui fait de l’humour l’expression de cette angoisse et le moyen même de la sublimer, comme d’autres combattent leurs névroses en les noyant dans l’encre et en les figeant sur le papier. Il y a dans l’humour progésien (oui, on dit progésien) quelque chose d’existentiel, d’absolument nécessaire, dont la disparition rendrait la vie insoutenable. Il faut rire parce qu’il n’y a rien de plus sérieux, il faut parodier l’existence pour pouvoir la vivre.
Aux sceptiques qui s’indigneront que je le qualifie d’écrivain, je conseille la lecture de son (unique) roman, Des femmes qui tombent, où le Desproges brosse un portrait follement maniaque et absurdement lyrique de la médiocrité de l’ennui provincial - un ennui de piètre qualité s’il en est. Dans cette mélasse de routine et de petites vies sans intérêt, le Desproges entame quelque chose de l’ordre du roman policier qui finit n’importe comment, avec des extra-terrestres, sans explications, et avec des moustiques si je me souviens bien. C’est incontestablement bien écrit et succulent tellement c’est drôle.
En guise de digestif, je vous livre un extrait de ses talents poétiques, avec cette petite pièce de poésie qu’il a humblement mise dans la bouche de sa fille pour en faire passer le goût :
“Je m’appelle Perrine
J’aime ma maman
Elle est pas dans la marine
Pour le moment.”
En conclusion, le seul défaut du Desproges est qu’il n’en existe qu’un. Et c’est foutrement emmerdant.
Machin qui sert à rien.
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Truc qui sert à rien non plus (mais qui est marrant quand même.)
: Bonjour je suis le dépanateur, je viens pour te déboucher le tuyau et je suis nu sous mon bleu de travail
: Pangolin d'igloo! ♥
: ouais salut c'est pour déboucher le tuyau, parce que si tu tombes en rade de batterie, le blog est down. et nous on veut pas [...]
: Fake !
: Greatings, Thanks for article. Everytime like to read you. Have a nice day AlexAxe
: Je ne suis pas méchante, voyons, je suis lucide.
: Mais, mais... Pourquoi es-tu si méchante?
: Ah, c'est marrant ce machin.
: Hello, I have already seen it somethere... Thank you GlenStef
: Je viens de découvrir ce blog qui me semble fort sympathique, mon blog;
sebousk.over-blog.com
A bientôt ?











